En France, les métiers liés à la protection de la biodiversité représentent environ 20 000 emplois. Mais ils sont mal organisés et l’intérêt que suscite l’environnement auprès des jeunes rend nécessaire la structuration de cette filière en principe promise, après le Grenelle de l’environnement, à un certain développement. Un doublement de ces emplois est attendu d’ici à 2020.
Pourtant, lors de l’installation des comités de travail sur les métiers de la croissance verte à l’automne 2009, la biodiversité avait été oubliée. La secrétaire d’Etat en charge des technologies vertes, Valérie Létard, a rectifié le tir, jeudi 1er juillet, en signant une convention avec l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et l’Atelier techniques des espaces naturels (ATEN) pour organiser cette filière. L’enjeu, explique le ministère, est de parvenir à faire émerger des métiers qui protègent la biodiversité et les services écologiques : « Les métiers de la biodiversité sont ceux dont l’activité principale est de contribuer à la connaissance, à la gestion, à la protection et à la restauration de la biodiversité. »
« Ce périmètre comprend aussi bien des gardes dans les parcs naturels que des fonctionnaires territoriaux travaillant sur la compatibilité environnementale des grandes infrastructures routières, en passant par la recherche scientifique », explique Chantal Sartorio, directrice de projet sur les métiers de la croissance verte à l’AFPA.
Pour la plupart, les grandes entreprises – lorsque leur activité a un impact sur l’aménagement du territoire – ont déjà leur spécialiste « biodiversité ». La loi les contraint en effet à évaluer les atteintes à l’environnement que leur activité occasionne pour les compenser, à défaut de pouvoir totalement les supprimer.
Les Autoroutes du Sud de la France ont, par exemple, un responsable « trame verte » en charge de la continuité des milieux naturels.
« Il y a de vrais besoins et la place pour une vraie filière », assure Christophe Aubert, directeur de la Ligue ROC, une association de protection de la nature. Par exemple, « une entreprise de cosmétique qui a besoin de lavande et de la pollinisation par les abeilles a intérêt à agir pour leur sauvegarde », explique-t-il.
L’AFPA et l’ATEN se sont mis au travail : plus de 800 métiers, en partant des nombreux répertoires existants (Etat, Pôle emploi, etc.), ont été passés au crible. « Une centaine d’entre eux a été identifiée comme relevant de la biodiversité et près de 200 s’en rapprochent et doivent être étudiés de plus près », dénombre M. Vérilhac, le directeur de l’ATEN.
Mais, prudents, les responsables ne veulent pas parler de branche. « Les enjeux ne seraient pas les mêmes, il faudrait élaborer une convention collective avec les partenaires sociaux », explique Mme Sartorio. Et les branches actuelles ne verraient pas d’un bon oeil certains métiers leur échapper.
Aujourd’hui, un employé d’un parc naturel peut appartenir à la fonction publique d’Etat, territoriale ou être rattaché au ministère à l’agriculture. « Cela bloque les évolutions de carrière, les mobilités », regrette M. Vérilhac, qui rappelle le côté, jusqu’à présent, peu gratifiant des métiers de l’écologie, lié au fait que ces emplois ont longtemps été occupés par des bénévoles.
Par jeunes Pop de Malakoff






