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Burqa : les Etats-Unis font la leçon à la France
Mardi 20 juillet 2010Pour la Banque de France, “réduire le déficit, c’est soutenir la croissance”
Mardi 20 juillet 2010
Réduction du déficit et soutien à la croissance, même “combat”. C’est ce qu’assure, en substance, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.
Dans la lettre introductive au rapport annuel de la Banque de France , publié lundi 19 juillet, et après avoir rappelé que “face à trente années de déficits cumulés, les ménages tendent à privilégier une épargne de précaution”, M. Noyer explique que les déficits “minent la confiance”.
Il estime, dès lors, que “rééquilibrer les finances publiques, c’est rétablir la confiance, contribuer à réduire les taux d’intérêt et donc créer, dans l’immédiat et pour l’avenir, les conditions d’une croissance plus forte“.
“Le rééquilibrage des finances publiques et le soutien de la croissance ne peuvent donc plus être présentés comme deux objectifs incompatibles, un dilemme imposé à la politique économique“, ajoute M. Noyer, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
La mise en place ou l’annonce de plans d’austérité budgétaire dans plusieurs pays européens a provoqué beaucoup d’interrogations ces derniers mois quant à l’effet de ces mesures sur la croissance. Un certain nombre d’économistes ont indiqué que ces plans – leur simultanéité surtout – vont étouffer une croissance qui peine à repartir. D’autres ont fait valoir que l’impact de ces mesures restera limité et qu’il sera compensé par les effets de la baisse de l’euro.
M. Noyer insiste sur le fait qu’il faut “mettre en oeuvre des mesures de réduction de la dépense publique (…) quand bien même la croissance serait inférieure aux prévisions.”
“Donner des perspectives de croissance des revenus”
“La seule manière de réduire les déficits publics sans tuer la croissance, c’est de donner aux agents économiques la perspective d’une hausse de la croissance donc de leurs revenus dans le futur”, assure, de son côté, Patrick Artus, le patron du département recherches économique de Natixis dans une étude publiée le 16 juillet (lire ici)
Pour l’économiste, espérer obtenir une hausse de la demande privée au moment où l’on réduit les déficits, passe par trois éléments :
- “ne pas accroître les impôts (charges sociales, impôts sur les sociétés quand la profitabilité est faible) dont la hausse réduirait la croissance potentielle“.
- “ne pas réduire les dépenses publiques favorables à la croissance de long terme (recherche, éducation, infrastructures d’énergie, de télécom…”.
- afficher une “politique économique favorable à la croissance de long terme”, l’économiste citant en exemple le développement des industries vertes aux Etats-Unis.
“Si les messages passés ne concernent que la réduction des déficits publics, la réaction des agents économiques risque d’être une nouvelle augmentation de l’épargne de précaution”, assure M. Artus.
Par jeunes Pop de Malakoff
Bilan environnemental contrasté en France
Samedi 19 juin 2010Bilan contrasté de l’état environnemental en France
Si des progrès sont observés en matière de réduction des émissions de GES ou de polluants atmosphériques, le bilan environnemental reste encore très préoccupant en France, selon le dernier rapport quadriennal publié le 5 juin par le SOeS. Détails.
Si l’état de l’environnement s’améliore en France en matière atmosphérique, le bilan reste préoccupant en particulier pour les sols, les eaux souterraines et la biodiversité, selon le rapport quadriennal publié samedi par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS- ex IFEN) du Commissariat général au développement durable (CGDD).
Les émissions de GES en baisse
Publié le 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, l’édition 2010 du bilan environnemental français montre des progrès réalisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) inscrite dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les émissions de GES ont globalement diminué de 6,4 % entre 1990 et 2008. Au registre des exceptions figure le secteur des transports pour lequel les émissions ont augmenté de 14 %. Ce secteur représente 26 % du total des émissions en 2008. Les émissions du résidentiel tertiaire ont également crû de 11 %. Ces hausses ont été compensées par la baisse des émissions agricoles et surtout industrielles, souligne le SOeS.
Avec 8,4 tonnes équivalent CO2/habitant émis en 2007, le pays se situe ainsi en dessous du niveau d’émission moyen par habitant estimé au niveau communautaire (10,2 teq CO2/habitant). La tendance de réduction des émissions se poursuit également de 2008 à 2009 : les émissions de GES de la France métropolitaine ayant chuté d’environ 4%. Toutefois, on ne saurait se satisfaire de ces baisses conjoncturelles liées à la crise car d’ici 2020, la France et les Etats-membres de l’UE se sont engagés à réduire de 20 à 30% les émissions de GES, dans le cadre du Paquet européen Climat-Energie.
La qualité de l’air en hausse
La qualité de l’air dans les villes s’est aussi globalement améliorée dans l’Hexagone de 2000 à 2008, estime le SOeS. Les trois polluants – dioxyde de soufre (SO2), dioxyde d’azote (NO2) et particules fines (PM10)- ont vu leurs concentrations baisser durant la période, à l’exception de l’ozone (O3) . Sur cette période, l’indice SO2 et NO2 ont ainsi respectivement diminué de 63% et 14%. Au total, les émissions de SO2 ont baissé de 67 % entre 1990 et 2007. Cette chute s’explique notamment par la diminution de la teneur en soufre dans le fioul ou à l’amélioration des rendements énergétiques dans les industries. Les émissions de NOx ont aussi été réduites de 30 % entre 1990 et 2007, notamment grâce à l’équipement progressif des véhicules en pots catalytiques depuis 1993. Cette baisse des émissions de NOx est également due à l’entrée en vigueur de la norme Euro III pour les poids lourds en 2002 et de la norme Euro IV pour les véhicules particuliers en 2005 ainsi que la stabilisation du parc roulant sur la période 2002-2007.
Déchets : »un ralentissement de la progression »
Côté déchets : alors qu’en 2007, les déchets ménagers sont estimés à 30,4 millions de tonnes, la production moyenne par habitant s’élève à 477 kg. Toutefois, depuis 2004, ‘’sa progression ralentit », observe le SoeS : de 2,4 % entre 1995 et 2003, elle passe à 1,5 % par an entre 2004 et 2007. La collecte de déchets ménagers (hors déchets verts) a également augmenté de 1,4 % par an durant cette période. Concernant les déchets industriels non dangereux, la production se stabilise sur la période 1999-2006 autour de 20 millions de tonnes. Celle des déchets dangereux a avoisiné les 7 millions de tonnes sur la même période. »Variable selon les types de déchets, le taux global de valorisation (recyclage ou incinération avec récupération d’énergie) dépasse les 50 % en 2006 », ajoute le rapport.
Eaux superficielles : une amélioration relative
La pollution des eaux superficielles tend aussi à s’améliorer. L’indice de pollution à l’ammonium a ainsi diminué de près de 55% entre 1998 et 2007. Les taux de nitrates se sont quant à eux globalement stabilisés durant cette période même si les concentrations restent importantes dans le Nord-Ouest. Ainsi, 13 des 1.628 points de prélèvements présentaient des concentrations moyennes de nitrates en 2007 supérieures à 50 mg/l (milligrammes par litres), seuil réglementaire de potabilité. Ils sont situés dans les régions agricoles de Bretagne, Poitou-Charentes, Centre et Normandie. Au total, 21 des 187 secteurs hydrographiques que compte la France présentent une concentration moyenne de nitrates en 2007 supérieure à 30 mg/l. Trois secteurs sont au-delà de 40 mg/l. Et plus de la moitié des cours d’eau (70 d’entre eux) présentent une concentration moyenne de nitrates inférieure à 10 mg/l.

La pollution des eaux souterraines et des sols liée aux pratiques agricoles s’aggrave
En revanche, la qualité des eaux souterraines (nitrates, pesticides) continue de se dégrader. De 1997 à 2007, le nombre de points de mesure de la qualité des eaux souterraines avec des teneurs en nitrates inférieures à 10 mg/l est passé de 56% à 48%. Le pourcentage de points avec des teneurs supérieures à 50 mg/l a quant à lui atteint les 6 %. Concernant les pesticides, »aucune tendance à la baisse ne se dessine ». Si l’atrazine – interdite en 2003- est cinq fois moins quantifiée en 2007 qu’en 1997, cette substance est remplacée notamment par le glyphosate qui »monte puissance ».
Autre point négatif : la pollution des sols (plomb, cuivre) s’aggrave. Les sols contenant moins de 30 mg/kg (milligrammes par kilos) de plomb représentent seulement 55 % des analyses de surface en métropole, menées entre 2000 et 2009. Ceux contenant entre 30 et 100 mg/kg sont estimés à 43,5 %. En revanche, les teneurs supérieures à 100 mg/kg ne représentent que 1,5 %, dont un tiers est situé à moins de 30 km d’une grande agglomération (Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Strasbourg…). 53 % des fortes teneurs en cuivre (> 100 mg/kg) sont par ailleurs localisées dans des zones occupées à plus de 20 % par des vignes et vergers.
L’artificialisation et la perte de biodiversité augmentent
L’occupation des sols, fortement marquée par l’artificialisation, est également des plus préoccupantes. Entre 2000 et 2006, les espaces artificialisés ont augmenté de 82.000 ha, soit une progression de 3%, et ceci au détriment des terres agricoles (76.000 ha), mais aussi des milieux semi-naturels (10.000 ha). Les zones artificialisées ont ainsi atteint 9,4 % du territoire en 2008, soit 5,1 millions d’hectares, ce qui représente environ 800 m2 par habitant. 16 % de ces surfaces correspondent à des sols bâtis (maisons, immeubles…), 44 % à des sols revêtus ou stabilisés (routes, parkings…) et 40 % à d’autres espaces artificialisés (chantiers, jardins…). De 1999 à 2006, le nombre de logements en zones inondables a augmenté de 8%, soit »le même taux que celui enregistré en dehors de ces zones à risques »…
Concernant la biodiversité : parmi les 131 habitats naturels ou semi-naturels évalués entre 2001 et 2006 en France (mise en œuvre du réseau Natura 2000), une majorité d’habitats se trouvait dans un état de »conservation mauvais ». Les populations d’oiseaux ont ainsi chuté de 20 % en vingt ans dans les milieux agricoles, et de 11 % dans les milieux forestiers. L’état des stocks des espèces de fond marin se dégrade aussi. Après une amélioration entre 2000 et 2004, la part des stocks sous le seuil de précaution a augmenté : en 2006, elle est de 42 % et »tend à se détériorer pour des espèces à forte valeur commerciale, comme le cabillaud ou l’églefin ». Entre 1998 et 2008, le nombre de sites protégés en métropole a toutefois crû de 32 %. Pour les seuls sites Natura 2000, le SOeS enregistre une progression de 75.512 à 108. 264 ha entre juin 2008 et juillet 2009, soit une hausse de 43 % »liée pour l’essentiel à un regain de protection en zone marine ». En 2008, la partie terrestre de ces sites couvrait 1,26 % du territoire métropolitain. La loi Grenelle 1 s’est fixé l’objectif de porter cette part à 2 % d’ici dix ans.
Les emplois »verts » sur la bonne pente
Enfin, côté emplois »verts » : en 2008, les écoactivités ont représenté près de 405.000 emplois en équivalent temps-plein, soit 1,6 % de l’emploi total, rappelle le SOeS. La croissance des emplois inhérents au développement des énergies renouvelables (+17,8 % par an environ) et à la gestion durable de l’eau (+5,9 % par an environ) est notamment »particulièrement soutenue ». Rappelons qu’en 2009, la production d’énergie primaire renouvelable a été de 20 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) en France métropolitaine. Elle est à plus de 70 % thermique et provient principalement de la biomasse : bois, déchets renouvelables, biocarburants et biogaz. L’électricité primaire renouvelable représente les 30 % restants et provient principalement à 88 % de l’hydraulique et à 12 % de l’éolien. Le photovoltaïque n’intervient encore qu’ »à la marge ». L’an dernier, la part des EnR dans la consommation finale brute d’énergie française a atteint 12,4% (contre 23 % attendus d’ici 2020 dans le Grenelle 1).
L’emploi vert se développe et »apparaît comme un gisement potentiel », souligne le SOeS. Il est en hausse avec un taux d’évolution de 3% en moyenne annuelle de 2004 à 2008 »contre un peu moins de 1% pour l’ensemble des branches ».
Rachida Boughriet
Lien source
http://www.actu-environnement.com/ae/news/soes-bilan-environnement-rapport-france-2010-10391.php4
Gouvernance économique de l’UE : la France et l’Allemagne unies
Mercredi 16 juin 2010Nicolas Sarkozy et Angela Merkel défendent la nécessité d’un gouvernement économique des 27 pays membres de l’Union européenne
Objectif : renforcer le pacte de stabilité européenne
« Plus que jamais, l’Allemagne et la France sont décidées à parler d’une même
voix ».
Pour « tirer les conséquences de crises à répétition dont nous ne voulons plus », Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont retrouvés lundi 14 juin à Berlin pour évoquer, notamment, la gouvernance économique de l’Union européenne.
« Plus que jamais, l’Allemagne et la France sont décidées à parler d’une même voix, à assumer des initiatives communes, pour donner à l’Europe les moyens de ses ambitions légitimes », a confié Nicolas Sarkozy.
Lors de cette rencontre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont acté un certain nombre de décisions tout en indiquant que ces idées seraient défendues lors du G 20 qui se tiendra fin juin au Canada :
* La nécessité d’un gouvernement économique des 27 pays membres de l’Union européenne. « Nous avons besoin d’un gouvernement économique fort, plus fort que celui que nous avons à l’heure actuelle », a justifié la chancelière allemande. En cas de nécessité , des « réunions pragmatiques » pourraient être organisées avec l’ensemble des pays membres de la zone euro (+16).
* La suspension des droits de vote pour les pays de l’Union européenne laxistes en matière budgétaire
* La mise en place d’une taxe bancaire et d’une taxe sur les transactions financières
Les dirigeants africains veulent « une place dans la gouvernance mondiale »
Jeudi 3 juin 2010
Les dirigeants africains, soutenus par la France, ont appelé lundi 31 mai lors du sommet Afrique-France à Nice, à se voir attribuer toute leur place dans les grandes enceintes internationales, Conseil de sécurité de l’ONU en tête.
Au sein de ce conseil, l’Afrique ne peut continuer à être la « cinquième roue de la charrette », a souligné le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. « Le Conseil de sécurité ne peut rester sans l’Afrique, tel qu’il avait été décidé après la Seconde Guerre mondiale », a-t-il ajouté sur France Info.
« Il faut être prêt à faire une place à l’Afrique dans la gouvernance mondiale. (…) Aucun, absolument aucun des grands problèmes auxquels notre monde est confronté ne pourra trouver de solution sans la participation active du continent africain », a convenu en séance plénière le président français, Nicolas Sarkozy. Il est « absolument anormal que l’Afrique ne compte aucun membre permanent au Conseil de sécurité », a-t-il ajouté sous les applaudissements des cinquante et une délégations africaines représentées. Il a promis des « initiatives » lors de la présidence française du G8 et du G20, laquelle commence en fin d’année.
Le président égyptien, Hosni Moubarak, qui copréside le sommet, a lui aussi plaidé pour une meilleure représentation de l’Afrique. « Nous voulons à tout prix mettre fin à la marginalisation dont souffre le continent africain, pour qu’il puisse participer d’une voix claire et forte à la prise de décision politique et économique au niveau international », a déclaré le président égyptien.
En prélude au sommet, les ministres des affaires étrangères des pays représentés à Nice ont longuement débattu du sujet. « On n’a pas trouvé de solution. On a trouvé la manière de commencer à se donner les moyens d’être plus réaliste », avait expliqué à l’AFP et à la radio RFI le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Selon plusieurs diplomates africains, la discussion a été « houleuse », parfois « très dure ». « Certains ont remis en question la légitimité de la France à lancer ce débat », selon un diplomate gabonais.
« ASYMÉTRIE DES PROFILS »
L’Afrique, qui représente 27 % du total des Etats membres des Nations unies, ne dispose que de trois sièges de membres non permanents au Conseil de sécurité, lequel voit une réforme pour tenir compte des nouveaux équilibres mondiaux bloquée depuis des années. Ce conseil est composé de cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France), puissances nucléaires dotées d’un droit de veto, et de dix membres non permanents. Depuis 2005, les pays africains réclament deux sièges permanents avec droit de veto et au moins deux sièges non permanents supplémentaires. La France plaide pour un élargissement progressif, qui commencerait par un siège permanent.
Au cours du sommet, qui s’achèvera mardi en milieu de journée, les dirigeants français et africains devaient aussi aborder les problèmes de terrorisme et de trafic de drogue, et les enjeux climatiques.
Dimanche soir, sur ce dernier sujet, « les Africains ont souligné l’asymétrie des profils : entre l’Occident pollueur et l’Afrique polluée à qui on demande en plus des efforts », a résumé un diplomate gabonais. Présenté comme celui du « renouveau », le 25e sommet Afrique-France est ouvert pour la première fois à des acteurs non étatiques, notamment, lors d’ateliers, à des représentants de 150 entreprises africaines et 80 françaises.

Evoquant les « crises institutionnelles en Afrique », le président français a par ailleurs tenu à rappeler que la démocratie et les droits de l’homme n’étaient « pas des valeurs occidentales [mais] des valeurs universelles », à la « satisfaction » de l’ONG Human Rights Watch. L’ONG avait appelé les pays représentés à Nice à s’engager publiquement en faveur d’une justice nationale et internationale indépendante pour les violations graves des droits humains.
Par jeunes Pop de Malakoff
Le 25e sommet Afrique-France s’ouvre à Nice sous le signe du « renouveau »
Jeudi 3 juin 2010Le sommet Afrique-France qui s’ouvre lundi 31 mai à Nice est le 25e du genre, mais le premier pour le président Sarkozy. L’un des défis pour le chef de l’Etat consiste à faire oublier son discours de Dakar de 2007, au cours duquel il avait affirmé que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », et qui avait largement choqué sur le continent.

Pour marquer le changement avec les sommets précédents, exclusivement politiques et sans conséquences concrètes, l’accent a été mis à Nice sur le rôle des entreprises et des investissements dans le développement. Pour tenter de gommer l’image d’une réunion de la famille « françafricaine », M. Sarkozy a annoncé qu’il s’entretiendrait en tête-à-tête avec les chefs d’Etat des deux poids-lourds économiques du continent, qui se trouvent être anglophones : Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud, et Goodluck Jonathan, président du Nigeria, grand exportateur de pétrole.
Les entreprises françaises perdent des marchés face à la concurrence notamment de la Chine, qui « offre » de nombreuses infrastructures – routes, ponts, stades, palais des congrès – aux Etats africains, contre la livraison de matières premières. Les discussions de Nice sont censées aider à regagner le terrain perdu.
Pour la première fois, 250 chefs d’entreprise africains et français ont été conviés. Ils doivent débattre avec des ministres de sujets comme l’environnement des affaires en Afrique, les énergies renouvelables ou la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Un « forum des affaires » est prévu en marge du sommet, sous la houlette de la présidente du Medef, Laurence Parisot, et de ses homologues africains. Le temps où, en 2006, le candidat Sarkozy affirmait que « la France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique » paraît décidément lointain.
Mais l’essentiel du « sommet » prend la forme de trois réunions à huis clos. La plus importante est consacrée à la place de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU et au G20. La France, qui veut s’en faire l’avocate, espère une position commune. Une autre réunion débattra des questions de climat et d’environnement dans la perspective du sommet de Cancun. La lutte contre le terrorisme et les trafics sera discutée dans un troisième huis clos.
Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent le fait qu’il ne devrait guère être question à Nice ni de dictature, ni de corruption en haut lieu, ni de coups d’Etat – qui se sont multipliés ces derniers mois – ni du rôle de la justice internationale. « La lutte contre l’impunité des crimes les plus graves devrait être placée au centre des débats » sur la paix et la sécurité, regrette ainsi la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, tandis que le Secours catholique et l’association Survie souligne que « la relation France-Afrique ne doit pas se limiter à la défense d’intérêts économiques mais doit contribuer à la promotion de la démocratie ».
Sur 53 Etats africains, seuls Madagascar, en pleine crise politique, et le Zimbabwe, dont le président, Robert Mugabe, est interdit de voyage dans l’Union européenne, ne sont pas représentés à Nice. Si l’Algérien Abdelaziz Bouteflika et la plupart des présidents d’Afrique francophone ont fait le déplacement, le « sommet » n’accueille que 33 chefs d’Etat et 5 chefs de gouvernement. Les autres Etats sont représentés par des responsables de moindre importance.
Omar Al-Bachir, le chef de l’Etat soudanais poursuivi par la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité » au Darfour, est représenté par son vice-président. Le président ivoirien Laurent Gbagbo, lui, a annoncé son absence en exigeant une discussion préalable sur son « différend fondamental » avec Paris.